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L'essentiel

FIDA (Financial Data Access) est le règlement européen adopté en novembre 2024 qui étend le principe de l'open banking à toute la donnée financière : assurance, épargne, investissement, crédit long terme et retraite — là où DSP2 ne couvrait que les comptes courants.

FIDA crée une nouvelle catégorie d'acteurs agréés, les FISP (Financial Information Service Providers), capables d'agréger des données patrimoniales complètes avec le consentement granulaire des titulaires, ouvrant la voie au conseil financier 360° et à l'agrégateur patrimonial universel.

Le calendrier d'application est progressif : les API d'assurance doivent être opérationnelles à mi-2027, les API épargne et investissement à fin-2028 — les DSI ont une fenêtre courte pour engager leur mise en conformité.

Pour les fintechs, FIDA ouvre des cas d'usage inédits : agrégateur patrimonial complet, scoring crédit enrichi sur données réelles, planificateur retraite multi-actifs et coach financier IA avec accès à l'historique exhaustif.

Nehos accompagne les équipes produit et les DSI dans la conception d'architectures FIDA-ready : API gateway, consent management, data normalization layer et certification auditeur agréé.

FIDA open finance : le règlement qui étend l'open banking à toute la finance — guide entreprise 2026

Le règlement FIDA (Financial Data Access), adopté par l'UE en novembre 2024, franchit la ligne que DSP2 n'avait pas osé franchir : accès API à l'assurance, l'épargne, l'investissement et la retraite. Voici ce que cela change concrètement pour les banques, les assureurs, les fintechs et les DSI.

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#FIDA : le règlement qui étend l'open banking à toute la finance

La DSP2 (Directive sur les Services de Paiement 2) avait posé en 2018 le premier jalon de l'open banking européen en obligeant les banques à exposer les données de comptes courants via des API standardisées. Ce périmètre, centré sur les transactions courantes et les virements, laissait de côté l'essentiel du patrimoine financier des Européens : les contrats d'assurance-vie, les plans d'épargne retraite, les portefeuilles d'investissement, les contrats immobiliers. En France, l'assurance-vie représente à elle seule près de 35 % du patrimoine financier des ménages — données entièrement hors périmètre DSP2.

FIDA (Financial Data Access), adopté par le Parlement européen en novembre 2024 et publié au Journal officiel de l'UE, comble ce vide structurel. Son ambition est explicite : ériger la portabilité des données financières universelle comme un droit fondamental du consommateur européen. Chaque titulaire de produit financier peut autoriser, via un consentement granulaire, tout prestataire agréé à accéder à ses données — quelle que soit leur nature ou l'institution qui les détient.

Sont directement concernés par FIDA : les banques (données comptes courants, crédits), les assureurs (contrats vie, prévoyance, santé, habitation), les gestionnaires d'actifs (fonds d'investissement, OPCVM), les teneurs de comptes d'épargne (PEA, livrets réglementés, plans d'épargne entreprise), les caisses de retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO et équivalents) et les prêteurs (crédits immobiliers, crédits à la consommation longue durée). Le règlement s'applique directement dans tous les États membres sans transposition nationale, avec une entrée en vigueur progressive entre 2026 et 2028.


#Ce que FIDA oblige concrètement

FIDA impose aux institutions financières couvertes de construire et maintenir des API de données standardisées donnant accès à un ensemble de données précisément défini par le règlement.

#Données assurance

Les assureurs doivent exposer via API : les contrats en portefeuille (nature, date de souscription, bénéficiaires, garanties), l'historique des sinistres (date, nature, montant indemnisé), et les cotisations (montant, périodicité, historique des versements). Pour les contrats d'assurance-vie, la valeur de rachat et les unités de compte doivent être accessibles en temps quasi-réel.

#Données épargne

Les teneurs de comptes d'épargne exposent : les soldes et mouvements de PEA, d'assurance-vie (fonds euros + UC), et de Plan d'Épargne Retraite (PER), avec les performances historiques ventilées par actif. Les données de Plan d'Épargne Entreprise (PEE) et de Plan d'Épargne pour la Retraite Collectif (PERCO/PERCOL) sont également dans le périmètre.

#Données investissement

Les gestionnaires d'actifs et les brokers exposent la composition des portefeuilles (ISIN, quantités, valorisation temps réel ou J-1), l'historique de performance (TRI, rendement annualisé, comparaison benchmark), et les données de coût (frais de gestion, commissions).

#Données crédit long terme

Les prêteurs exposent les encours de crédit (capital restant dû, taux, échéances) pour les crédits immobiliers et les crédits à la consommation supérieurs à 75 000 euros ou de durée supérieure à 5 ans.

#Consentement granulaire obligatoire

Chaque accès à une catégorie de données est conditionné à un consentement explicite du titulaire, délivré pour un périmètre précis (institution, type de données, prestataire destinataire) et une durée maximale définie par le règlement. Le consentement est révocable à tout moment en temps réel via le Permission Dashboard.

#Calendrier de mise en conformité

Le règlement impose deux échéances clés : les API assurance opérationnelles à mi-2027 (juin 2027), et les API épargne, investissement et crédit long terme à fin-2028 (décembre 2028). La priorité donnée aux données assurance reflète leur importance patrimoniale et l'absence totale de standardisation actuelle dans ce secteur.


#Les nouveaux acteurs que FIDA crée

#Financial Information Service Providers (FISP)

Les FISP sont la nouvelle catégorie d'acteurs agréés définie par FIDA, équivalents aux AISP de DSP2 mais avec un périmètre étendu à toutes les données financières consenties. Tout acteur souhaitant agréger des données au-delà des comptes bancaires doit obtenir un agrément FISP auprès de l'autorité compétente nationale (ACPR en France), délivré selon des critères harmonisés au niveau européen.

L'agrément FISP ouvre droit à un passeport européen : un FISP agréé en France peut opérer dans les 27 États membres. Le cas d'usage central est le conseil financier personnalisé 360° : une application FISP peut agréger compte courant, assurance-vie, PEA, PER, crédit immobilier et contrats de prévoyance pour produire une vision patrimoniale exhaustive — et y adosser du conseil automatisé ou humain.

#Customer Data Access Schemes

FIDA prévoit la création de Customer Data Access Schemes, des consortiums sectoriels rassemblant les institutions d'un même secteur (ex : tous les assureurs français, tous les gestionnaires de PEA) pour définir et maintenir les standards techniques des API d'accès aux données. Ces schemes fonctionnent selon un modèle de gouvernance partagée, avec des spécifications techniques publiées et maintenues collectivement, sous supervision de l'EIOPA (assurance) et de l'ESMA (investissement).

#Permission Dashboard

FIDA oblige chaque institution financière à proposer à ses clients un Permission Dashboard — un tableau de bord des consentements financiers actifs. Ce tableau de bord liste exhaustivement : tous les FISP ayant accès aux données du titulaire, le périmètre exact des données partagées avec chacun, la date d'expiration de chaque consentement, et un bouton de révocation individuelle à effet immédiat. Le Permission Dashboard doit être accessible depuis l'espace client web et l'application mobile de chaque institution.


#Opportunités produit pour les fintechs

FIDA est un changement de paradigme pour les fintechs : il déverrouille des cas d'usage qui nécessitaient jusqu'ici des partenariats commerciaux complexes avec chaque institution.

#Agrégateur patrimonial complet

L'opportunité la plus directe : un agrégateur patrimonial 360° combinant comptes bancaires (DSP2/DSP3), assurance-vie, PEA, PER, crédit immobilier et prévoyance en une seule interface. Ce type de produit existe déjà en version dégradée (données partielles, souvent limitées aux comptes bancaires) — FIDA permet enfin de tenir la promesse de la vue patrimoniale complète.

#Comparateur assurance avec données réelles

Un comparateur d'assurance FISP peut accéder aux contrats existants du prospect et proposer des comparaisons basées sur sa situation réelle (garanties actuelles, cotisations, historique sinistres) plutôt que sur un profil déclaratif. La pertinence des recommandations est structurellement supérieure à celle des comparateurs actuels.

#Coach financier IA avec accès historique complet

Un agent IA couplé à un accès FISP peut analyser l'ensemble du patrimoine d'un utilisateur et produire des recommandations contextualisées : arbitrage PEA vs assurance-vie selon la fiscalité, optimisation de l'allocation retraite, identification de sur-assurances. L'architecture RAG est particulièrement adaptée pour interroger ces données hétérogènes en langage naturel.

#Scoring crédit enrichi

Un prêteur FISP peut remplacer les déclarations de revenus et patrimoine (souvent inexactes ou obsolètes) par des données certifiées temps réel : valorisation PEA, encours assurance-vie, historique de remboursement crédit. Le scoring basé sur les données réelles réduit le risque de sélection adverse et permet d'ouvrir le crédit à des profils sous-servis (travailleurs indépendants, expatriés) dont le patrimoine réel dépasse les signaux conventionnels.

#Planificateur retraite multi-actifs

Un outil de planification retraite FISP agrège les droits AGIRC-ARRCO (si dans le périmètre), le PER, le PERCO, et l'assurance-vie pour simuler des scénarios de rente en tenant compte de l'ensemble des actifs détenus. Ce type de projection multi-actifs est aujourd'hui impossible sans une saisie manuelle fastidieuse des données.


#Obligations pour les DSI des incumbents

Pour les banques, assureurs, gestionnaires d'actifs et caisses de retraite, FIDA représente un programme de transformation technique majeur.

#API de données FIDA-compliant

Les API exposées doivent respecter un standard de qualité strict : format JSON normalisé selon les spécifications des Customer Data Access Schemes sectoriels, latence de réponse inférieure à 500 ms (percentile 95), et disponibilité garantie à 99,5% — soit moins de 44 heures de downtime annuel autorisé. Ces seuils sont analogues à ceux imposés par DSP3 pour les API bancaires, et créent les mêmes défis d'infrastructure pour les assureurs dont les systèmes legacy n'ont pas été conçus pour des contraintes de SLA temps réel.

#Gestion des consentements durables

Chaque institution doit maintenir un référentiel de consentements traçant pour chaque titulaire : la durée de validité du consentement (maximums fixés par le règlement selon la catégorie de données), le périmètre exact des données autorisées, l'identité du FISP destinataire, et la date de révocation éventuelle. La révocation en temps réel est une obligation : un consentement révoqué par le titulaire doit couper l'accès du FISP dans un délai maximum de quelques secondes.

#Sandbox développeurs obligatoire

FIDA impose aux institutions couvertes de maintenir une sandbox de développement accessible aux FISP agréés ou en cours d'agrément, ouverte 3 mois avant le go-live des API de production. Cette sandbox doit contenir des jeux de données représentatifs (anonymisés) permettant aux développeurs de FISP de tester et valider leurs intégrations avant accès aux données réelles.

#Logging accès données

Chaque accès effectué par un FISP aux données d'un titulaire doit générer un event auditable : identifiant du FISP, périmètre des données accédées, timestamp, résultat de l'appel. Ce journal d'accès est conservé 5 ans minimum (aligné sur la prescription financière) et doit être transmissible à la CNIL ou à l'ACPR sur demande. L'event-driven architecture avec Kafka est le pattern recommandé pour générer ces events de manière fiable et scalable.

#Certification annuelle auditeur agréé

FIDA impose une certification annuelle de conformité des API par un auditeur agréé par l'EIOPA ou l'ACPR selon le secteur. Cette certification couvre la qualité technique des API (SLA, format), la robustesse du système de consentements, et la complétude du journal d'accès. Le DORA Act crée des synergies avec cette obligation : les tests de résilience DORA et les audits FIDA peuvent être mutualisés pour réduire les coûts de conformité.


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#Architecture d'une plateforme FIDA-ready

La mise en conformité FIDA nécessite une architecture en couches distinctes, chacune adressant une obligation réglementaire spécifique.

#API Gateway

Un API Gateway (Kong Enterprise, AWS API Gateway ou Apigee) centralise tous les appels entrants des FISP : authentification OAuth 2.0 FAPI 2.0, rate limiting par FISP et par périmètre de données, circuit breaker pour protéger les backends legacy, et transformation des formats de réponse vers le schéma FIDA normalisé. Le cloud souverain français (OVHcloud SecNumCloud, Scaleway) est la cible naturelle pour héberger ces composants FIDA dans un contexte d'exigences RGPD et de données financières sensibles.

Un service de gestion des consentements dédié (custom ou basé sur Mia-Platform Consent Manager) stocke et gère le cycle de vie complet des consentements : création avec périmètre granulaire, validation de cohérence (le FISP demande-t-il accès à des données qu'il est autorisé à consulter selon son agrément ?), expiration automatique, et révocation temps réel. Ce service est la pièce critique de l'architecture — sa défaillance expose l'institution à des accès non autorisés ou à l'impossibilité de révoquer.

#Data Normalization Layer

Les données financières proviennent de systèmes hétérogènes : mainframe assurance, base Oracle investissement, SGBD propriétaire épargne. Un layer de normalisation mappe ces schémas hétérogènes vers le format JSON FIDA standardisé défini par les Customer Data Access Schemes. Ce layer est critique pour l'indépendance du backend FIDA vis-à-vis des systèmes legacy — il peut être implémenté comme un ensemble de microservices consommant les API internes existantes. La migration monolith vers microservices peut s'avérer nécessaire si les systèmes legacy ne disposent pas d'API internes consommables.

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#Event Streaming

Kafka (Confluent Cloud ou MSK) assure la traçabilité immuable de chaque accès aux données : chaque appel FISP génère un event publié sur un topic Kafka dédié, consommé par le service de logging réglementaire. L'architecture event-driven garantit que le journal d'accès est complet même en cas de défaillance partielle d'un composant — une exigence d'audit critique.

#Developer Portal

Un portail développeurs (Stoplight, Redocly ou custom) publie la documentation OpenAPI 3.0 des API FIDA exposées, l'accès à la sandbox, les guides d'intégration OAuth 2.0 FAPI 2.0, et les spécifications des schémas de données. Ce portail est l'interface publique vis-à-vis des FISP souhaitant s'intégrer et doit être maintenu avec le même niveau de soin qu'une API commerciale.

#SIEM pour monitoring accès suspects

Un SIEM (Security Information and Event Management — Splunk, Elastic SIEM, Datadog Security) monitore en temps réel les patterns d'accès aux API FIDA pour détecter les comportements anormaux : volume d'appels inhabituel d'un FISP, accès à des périmètres non consentis, tentatives de replay d'anciens tokens. La conformité NIS2 impose par ailleurs un SIEM pour les entités essentielles du secteur financier — les deux obligations peuvent partager la même infrastructure.


#RGPD × FIDA : quid des données sensibles financières

L'articulation entre FIDA et le RGPD soulève des questions pratiques que les DPO des institutions financières doivent traiter avant le go-live.

#Les données financières ne sont pas des données sensibles au sens strict de l'article 9 RGPD

Les données financières (soldes, contrats, transactions) n'appartiennent pas aux catégories spéciales de l'article 9 du RGPD (santé, origines raciales, opinions politiques, etc.). Elles bénéficient néanmoins d'une protection renforcée par convergence réglementaire : le secret bancaire (article L. 511-33 du Code monétaire et financier), le secret des affaires pour les données d'investissement, et les dispositions d'ePrivacy pour les communications électroniques. Le DPO doit valider chaque nouveau cas d'usage FISP en amont : la base légale de traitement (consentement FIDA vs intérêt légitime du FISP) doit être documentée et cohérente avec les mentions d'information transmises au titulaire.

#Durée de conservation des logs

Les logs de consentement FIDA (création, périmètre, révocation) doivent être conservés 5 ans minimum pour couvrir le délai de prescription financière applicable en France. Cette durée de conservation doit être reflétée dans le registre des traitements RGPD de l'institution et dans les politiques de rétention du SIEM.

#Transferts hors UE

FIDA interdit explicitement les transferts de données financières hors UE sans clause contractuelle type (CCT) validée par l'autorité compétente. Un FISP agréé dans l'UE ne peut pas transmettre les données financières collectées à un prestataire technique établi aux États-Unis (ex : AWS us-east-1) sans CCT ou sans mécanisme de transfert équivalent reconnu par la Commission européenne. L'AI Act impose des contraintes similaires sur les données d'entraînement des modèles IA — les architectures FIDA doivent anticiper cette convergence.


#Cas Nehos : wealth tech startup

#Le problème

Nehos a accompagné une wealth tech startup proposant un agrégateur patrimonial destiné aux particuliers patrimoniaux (>10 9 472 € d'actifs). La plateforme agrégait les comptes bancaires (via DSP2/API Tink) et les portefeuilles d'actions (via broker API), mais était incapable d'accéder aux contrats d'assurance-vie — qui représentaient en moyenne 35 % du patrimoine de leurs utilisateurs. Cette lacune dégradait la pertinence des conseils d'allocation et limitait le NPS : les utilisateurs constataient que leur « vue patrimoniale complète » était en réalité partielle.

#La solution

Nehos a intégré l'accès FIDA en phase pilote via un partenaire FISP pré-agréé disposant d'un accès sandbox aux API d'assurance-vie de Generali et BNP Cardif. L'architecture déployée comprend un consent management service custom (durée de consentement configurable par assureur), un data normalization layer mappant les schémas propriétaires Generali et BNP Cardif vers un schéma interne unifié, et un developer portal exposant les API internes de la wealth tech aux équipes produit. L'insurtech IA a permis d'enrichir les données brutes avec des catégorisations intelligentes des garanties.

#Résultats pilote

Sur 6 mois de pilote avec 800 utilisateurs bêta :

  • Vue patrimoniale 3× plus complète : valeur agrégée passant en moyenne de 62 % à 97 % du patrimoine réel déclaré
  • NPS +41 points sur le module d'agrégation patrimoniale après intégration des contrats assurance-vie
  • AUM géré +28 % : les utilisateurs augmentaient l'encours confié à la plateforme dès lors qu'elle reflétait leur patrimoine complet — l'effet de confiance de la complétude patrimoniale est mesurable

Ce cas illustre pourquoi FIDA n'est pas seulement une contrainte réglementaire pour les assureurs : c'est un levier de croissance direct pour les fintechs capables de l'exploiter rapidement.


#Feuille de route FIDA pour une DSI

La fenêtre de mise en conformité est courte. Voici la séquence recommandée pour une institution financière.

#2026 : inventaire et gap analysis

La première étape est un inventaire exhaustif des données financières détenues par l'institution selon la taxonomie FIDA : quels types de données, dans quels systèmes, avec quels formats, accessibles via quelles API internes. La gap analysis identifie les écarts entre l'état actuel et les exigences FIDA : API manquantes, formats non standardisés, absence de gestion de consentements granulaires, logging insuffisant. Cette phase prend 2 à 4 mois selon la complexité du SI.

Points d'attention spécifiques pour les assureurs : les systèmes de gestion de contrats (SGC) sont souvent des applications legacy (COBOL, Delphi, AS/400) sans API exposée. La migration COBOL vers Java moderne assistée par IA peut accélérer la création des API intermédiaires nécessaires sans refonte totale.

Budget indicatif : 13 952 € selon la complexité du SI et le périmètre d'actifs couvert.

#Mi-2027 : API assurance FIDA-compliant et sandbox

La deadline assurance (juin 2027) est la priorité absolue. Les chantiers parallèles : développement des API de données assurance selon le schéma normalisé du Customer Data Access Scheme assurance français, déploiement du consent management service, ouverture de la sandbox développeurs 3 mois avant go-live (soit mars 2027), et audit de certification par un auditeur agréé ACPR.

L'OCR IA peut accélérer la numérisation des contrats papier historiques qui n'ont pas encore de représentation numérique structurée dans le SI — un prérequis pour exposer des données contractuelles complètes via l'API FIDA.

Budget indicatif :50 000 € pour un assureur mid-market. Les assureurs avec un SI très legacy ou une gamme de contrats très étendue peuvent dépasser 1000 k€.

#Fin-2028 : couverture complète épargne, investissement et crédit

La seconde vague de conformité couvre les API épargne (PEA, PER, assurance-vie fonds euros/UC avec performance temps réel), investissement (portefeuilles, performances, frais) et crédit long terme. Cette phase peut être préparée dès 2027 en réutilisant l'infrastructure (API Gateway, consent management, Kafka) déployée pour l'assurance.

Budget total indicatif :66 11 776 € selon la complexité du SI existant et le périmètre de produits couverts. La priorisation claire : API assurance d'abord (deadline 2027, impact réglementaire immédiat), épargne et investissement ensuite (deadline 2028, fenêtre plus large).

Nehos accompagne les DSI dans toute cette séquence : de l'inventaire initial à la certification finale, en passant par la conception de l'architecture et l'intégration avec les systèmes legacy. Contactez nos services d'intégration API pour un premier échange sur votre feuille de route FIDA.

Questions & Réponses

Questions fréquentes sur FIDA et l'open finance

Oui. FIDA couvre toutes les entités détenant des données financières contractuelles des consommateurs, y compris les mutuelles régies par le Code de la mutualité et les institutions de prévoyance relevant du Code de la Sécurité sociale. Les données de contrats de prévoyance collective (garanties décès, incapacité, invalidité), de complémentaire santé et d'épargne salariale gérées par ces entités entrent dans le périmètre FIDA. Les mutuelles bénéficient d'un délai de mise en conformité identique aux assureurs : API opérationnelles à mi-2027. L'ACPR et l'EIOPA publient des guidelines sectorielles précisant les spécifications techniques pour ces acteurs.
Un AISP (Account Information Service Provider, DSP2) est agréé pour accéder uniquement aux données de comptes de paiement — comptes courants, comptes d'épargne réglementés accessibles par carte — avec le consentement du titulaire. Son périmètre est limité aux données bancaires au sens strict. Un FISP (Financial Information Service Provider, FIDA) dispose d'un agrément plus large couvrant toutes les données financières consenties : assurance, épargne (PEA, PER, assurance-vie), investissement, crédit long terme et potentiellement retraite. Un FISP peut donc agréger le patrimoine financier complet d'un individu, là où un AISP ne voit que la partie bancaire courante. Un acteur peut cumuler les deux agréments pour couvrir l'ensemble du spectre.
La question est encore en cours de finalisation réglementaire. Le texte FIDA initial couvre les données des régimes de retraite gérés par des entités privées soumises à la surveillance prudentielle de l'EIOPA (fonds de pension, PER assurantiels). Les régimes obligatoires gérés par des organismes paritaires comme AGIRC-ARRCO font l'objet d'un traitement distinct : le règlement FIDA prévoit la possibilité pour les États membres d'étendre son périmètre aux données de retraite obligatoire via des dispositions nationales spécifiques. En France, une consultation ACPR/DREES est attendue en 2026 pour préciser les modalités d'application. Dans l'attente, les PER individuels et collectifs gérés par des assureurs sont clairement dans le périmètre.
Le Permission Dashboard doit être accessible depuis l'espace client web et l'application mobile de chaque institution. Il doit présenter pour chaque consentement actif : l'identité du FISP destinataire (nom, logo, lien vers sa page de présentation), le périmètre exact des données partagées (ex : 'contrats assurance-vie — valorisation et performances'), la date de début et d'expiration du consentement, et un bouton de révocation à effet immédiat. Techniquement, le Dashboard consomme l'API du consent management service via OAuth 2.0, et l'action de révocation déclenche un event publié vers le FISP (webhook ou SSE) dans les secondes qui suivent. L'UX du Dashboard doit passer une revue RGPD par le DPO avant mise en production.
Non. L'agrément FISP donne uniquement accès aux données financières — il n'autorise pas à formuler des recommandations d'investissement personnalisées. Proposer un conseil financier individualisé (allocation d'actifs, recommandation de souscription ou de rachat) nécessite un agrément de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) délivré par l'AMF, ou un partenariat avec un CIF agréé. Un FISP peut produire des analyses descriptives (vue consolidée, comparaison benchmark, projection basée sur les données réelles) sans franchir la ligne du conseil personnalisé. La frontière est précisée dans les guidelines AMF de 2024 sur le conseil automatisé — les juristes financiers recommandent de la faire valider contractuellement avant lancement.
La préparation optimale suit quatre étapes. Premièrement, conduire un inventaire des données dans le périmètre FIDA : quels contrats, dans quels systèmes (SGC, data warehouse), avec quel niveau de complétude des données. Deuxièmement, rejoindre le Customer Data Access Scheme assurance français dès son ouverture pour accéder aux spécifications techniques officielles en avant-première. Troisièmement, déployer une API Gateway et un consent management service dès 2026 — ces composants sont réutilisables pour DSP3 et DORA. Quatrièmement, ouvrir la sandbox aux FISP intéressés au minimum 3 mois avant le go-live de production, avec un jeu de données anonymisées représentatif. Les assureurs avec un SI très legacy doivent anticiper la création de microservices de façade exposant les données du SGC via REST/JSON.
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