Ce qu'il faut retenir
Le secteur de la santé reste en retard sur l'IA par rapport à la finance ou l'industrie, principalement à cause des contraintes réglementaires (certification MDR, hébergement HDS, AI Act risque élevé) — mais ces obstacles sont aujourd'hui surmontables avec la bonne architecture technique.
Les 10 cas d'usage présentés couvrent l'ensemble du parcours hospitalier : aide au diagnostic et imagerie médicale, dictée et structuration du dossier patient, planification des soins et des plannings infirmiers, accueil patient IA, puis codage des actes et détection des erreurs de facturation.
Déployer l'IA en santé nécessite un hébergement HDS certifié, une interopérabilité HL7 FHIR avec le Dossier Patient Informatisé, et une classification claire des dispositifs médicaux logiciels selon le règlement MDR (UE) 2017/745. Nehos accompagne les établissements sur l'ensemble de cette chaîne.

IA dans la santé 2026 : 10 cas d'usage pour hôpitaux et cliniques
Du diagnostic assisté au codage automatique des actes, l'IA transforme les établissements de santé français. Panorama des 10 cas d'usage les plus structurants, avec le cadre réglementaire MDR, HDS et AI Act.
Adapté à toute taille de structure
#Pourquoi le secteur santé accuse du retard sur l'IA — et comment le rattraper
Le secteur de la santé cumule des atouts exceptionnels pour l'IA : des volumes de données massifs (imagerie, biologie, prescriptions, comptes rendus), des processus répétitifs à forte valeur (codage des actes, planification, triage), et des enjeux cliniques où une aide à la décision fiable peut sauver des vies. Pourtant, la grande majorité des hôpitaux et cliniques français n'ont pas encore déployé d'IA opérationnelle dans leurs processus.
Trois freins principaux expliquent ce retard structurel :
La réglementation des dispositifs médicaux logiciels. Tout algorithme qui participe à une décision diagnostique ou thérapeutique peut être qualifié de Dispositif Médical Logiciel (SaMD — Software as a Medical Device) et relève du règlement MDR (UE) 2017/745. Cette certification, exigeante et longue, décourage de nombreux prestataires IT généralistes.
L'hébergement des données de santé. Les données de santé à caractère personnel doivent obligatoirement être hébergées chez un prestataire certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé) par l'ANS. Cette contrainte exclut d'emblée les clouds non certifiés et impose une architecture spécifique.
La sensibilité culturelle au changement. Les professionnels de santé, légitimement attentifs à la responsabilité médicale, sont prudents face aux outils IA qui semblent « décider à leur place ». Une approche d'aide à la décision — et non de substitution — est la seule qui fonctionne durablement.
Ces freins sont levables. Les établissements pionniers — CHU de Bordeaux, Ramsay Santé, l'AP-HP — ont démontré qu'une IA déployée dans un cadre rigoureux améliore à la fois la qualité des soins et l'efficacité opérationnelle. Le retard devient une opportunité : les cas d'usage sont matures, les briques technologiques disponibles, et les prestataires spécialisés comme Nehos savent naviguer dans ce cadre réglementaire.
#Cas #1 — Aide au diagnostic médical par analyse des données cliniques
L'aide au diagnostic est le cas d'usage le plus emblématique — et le plus encadré. Un système d'IA analyse les données cliniques du patient (antécédents, constantes, résultats biologiques, traitements en cours) et propose une ou plusieurs hypothèses diagnostiques au médecin, classées par probabilité.
Ce que ça change concrètement. Dans les services d'urgence, où un médecin urgentiste peut voir 40 à 60 patients en 12 heures, l'IA sert de second regard. Elle détecte les signes cliniques que la fatigue ou le volume de dossiers peut faire passer inaperçus : un tableau septique atypique, une embolie pulmonaire masquée par d'autres symptômes, une interaction médicamenteuse à risque.
Le cadre réglementaire MDR. Dès lors que l'algorithme participe à la décision diagnostique — même en mode « suggère seulement » — il peut être qualifié de SaMD et relever de la classe IIa voire IIb du MDR. Cette classification impose une évaluation clinique, une surveillance post-commercialisation et un enregistrement EUDAMED. Les éditeurs sérieux (Nuance, Owkin, Sonio) disposent déjà de marquages CE MDR pour leurs solutions.
Clé de succès. L'IA doit être positionnée comme un outil d'aide, jamais comme un décideur. La décision finale reste systématiquement au médecin — ce qui est à la fois une exigence réglementaire MDR et un prérequis d'adoption par les équipes soignantes.
#Cas #2 — Analyse d'imagerie médicale assistée par IA
L'analyse d'imagerie — radiologie, anatomopathologie, dermatologie — est le domaine où l'IA démontre les performances les plus spectaculaires et les mieux documentées. Des modèles entraînés sur des millions de clichés atteignent une sensibilité diagnostique égale ou supérieure aux spécialistes humains sur certaines tâches de détection.
Applications concrètes en 2026 :
- Détection des nodules pulmonaires sur scanners thoraciques (sensibilité > 95 % pour les nodules > 6 mm)
- Lecture des mammographies de dépistage (réduction du taux de faux négatifs)
- Segmentation automatique des tumeurs pour la dosimétrie en radiothérapie
- Détection des fractures sur radiographies standards (urgences)
- Analyse des lames d'anatomopathologie (détection de cellules cancéreuses)
Gain opérationnel mesurable. Un service de radiologie qui traite 200 examens par jour peut voir ses délais de rendu des résultats urgents réduits de 40 % grâce à une hiérarchisation automatique de la file d'attente : les examens où l'IA détecte une anomalie critique passent en priorité devant le radiologue.
Réglementation spécifique. Les logiciels d'analyse d'imagerie diagnostique sont quasi systématiquement classifiés comme SaMD de classe IIa ou IIb sous MDR, nécessitant l'intervention d'un organisme notifié pour la certification. L'ANSM est l'autorité française compétente. La réglementation AI Act classe également ces systèmes en IA à haut risque (Annexe III, point 5a — dispositifs médicaux).
#Cas #3 — Dictée médicale IA et génération de comptes rendus
La dictée médicale intelligente est probablement le cas d'usage avec le meilleur ratio valeur/complexité de déploiement pour un hôpital ou une clinique. Elle ne requiert pas de certification MDR complète si elle se limite à la transcription sans interprétation diagnostique, et son adoption par les médecins est naturelle : ils dictaient déjà.
Comment ça fonctionne. Le médecin parle pendant la consultation ou après l'examen. Le système transcrit la parole en temps réel, structure automatiquement le texte en sections normalisées (motif de consultation, examen clinique, diagnostic retenu, prescriptions), et l'intègre directement dans le DPI (Dossier Patient Informatisé) via l'API HL7 FHIR.
Les gains documentés :
- Réduction du temps de saisie de 60 à 75 % selon les études (source : rapport ANS 2025)
- Amélioration de la complétude des dossiers (les champs obligatoires sont automatiquement détectés comme manquants)
- Réduction des erreurs de retranscription liées à la saisie manuelle
- Libération de temps médical : un généraliste en secteur libéral hospitalier récupère en moyenne 45 minutes par journée de consultation
Acteurs du marché. Nuance DAX (Microsoft), Suki AI, S2S Healthcare et des solutions françaises comme Dictaly ou Tandem Health proposent des solutions adaptées au vocabulaire médical français. L'intégration avec les DPI les plus répandus (Mediboard, Crossway, DxCare, Hopital Manager) est documentée chez les principaux éditeurs.
Ces outils s'inscrivent dans la continuité des agents IA capables de traiter des flux de parole et de les transformer en données structurées — un domaine que Nehos déploie également dans d'autres secteurs.
#Cas #4 — Structuration automatique du dossier patient
Beyond the transcription, l'IA peut analyser l'ensemble des documents non structurés du dossier patient — lettres de correspondance, comptes rendus de consultation, résultats d'examens en format texte libre — et en extraire des informations structurées exploitables.
Ce que ça résout. Un dossier patient contient en moyenne 40 à 80 % de données non structurées (texte libre). Ces données sont médicalement riches mais cliniquement inexploitables à la volée : le médecin qui prend en charge un patient en urgence ne peut pas lire 200 pages de dossier en 3 minutes. L'IA extrait et indexe les informations clés : antécédents, allergies, comorbidités, traitements chroniques, épisodes d'hospitalisation passés.
Applications :
- Génération automatique d'un résumé de dossier en langage naturel pour la relève infirmière
- Détection des allergies documentées dans des notes anciennes, avec alerte si une prescription conflictuelle est saisie
- Extraction des données pour la recherche clinique sans re-saisie manuelle (alimentation des entrepôts de données de santé)
- Codification automatique des diagnostics en CIM-10 à partir de s comptes rendus (voir cas #9)
L'architecture technique repose sur des modèles de NLP (Natural Language Processing) spécialisés en médecine, souvent basés sur des LLMs fine-tunés sur des corpus cliniques français (CamemBERT-médical, DrBERT). Ces modèles exploitent la même logique de RAG (Retrieval-Augmented Generation) que dans les autres secteurs, avec les données structurées du DPI comme base de connaissance.
#Cas #5 — Planification intelligente des soins et coordination entre services
La planification des soins dans un établissement hospitalier est un problème d'optimisation complexe : gérer les lits disponibles, anticiper les sorties, coordonner les examens complémentaires, séquencer les blocs opératoires. L'IA apporte une capacité de modélisation prédictive que les tableurs Excel ou les plannings manuels ne peuvent pas atteindre.
Problème résolu. Les DMS (Durées Moyennes de Séjour) non optimisées coûtent cher aux établissements : chaque journée d'hospitalisation inutile mobilise une ressource rare (lit, personnel soignant, équipement) qui pourrait bénéficier à un autre patient. Les hôpitaux qui ont déployé des outils de planification prédictive rapportent des réductions de DMS de 8 à 15 %.
Fonctionnalités clés :
- Prédiction de la date de sortie probable dès l'admission, basée sur le profil clinique et les données historiques de séjour similaires
- Anticipation des besoins en lits par service à J+1, J+3, J+7
- Identification proactive des patients à risque de réhospitalisation à 30 jours
- Optimisation du parcours patient inter-services (réduire les temps d'attente entre le bloc et l'imagerie, par exemple)
Outil de référence. Des solutions comme Orion Health, Withings Health Solutions ou des modules IA intégrés dans les DPI de nouvelle génération (Cerner, Epic) proposent ces fonctionnalités. L'intégration des données en temps réel via HL7 FHIR est le prérequis technique.
#Cas #6 — Optimisation des plannings infirmiers et paramédicaux
La gestion des ressources humaines soignantes est un défi permanent pour les cadres de santé : concilier les contraintes légales (temps de repos, quotas de nuit), les préférences des agents, les niveaux de compétences requis par service, et les variations d'activité parfois brutales (épidémies, afflux d'urgences).
Ce que l'IA change. Les outils d'optimisation de plannings infirmiers analysent ces contraintes multiples et génèrent automatiquement des propositions de planning qui respectent à la fois le cadre réglementaire (convention collective hospitalière, règles de la FPH pour les établissements publics) et les préférences individuelles. Le cadre de santé valide, ajuste si nécessaire, et le système apprend de ces ajustements.
Gains mesurés dans les établissements pionniers :
- Réduction de 30 à 45 % du temps consacré par les cadres à l'élaboration des plannings
- Diminution du recours aux heures supplémentaires non planifiées
- Amélioration de la satisfaction du personnel soignant (meilleure prise en compte des contraintes personnelles)
- Réduction des erreurs de planning (mauvais ratio patient/infirmier, oubli de compétence spécifique)
Ce cas d'usage s'apparente aux problématiques de planification RH des ETI en logistique ou industrie, avec la couche de contraintes réglementaires sectorielles propre à la santé.
#Cas #7 — Chatbot d'accueil patient et pré-admission IA
L'accueil administratif des patients mobilise des ressources humaines importantes et génère des délais d'attente qui dégradent l'expérience patient. Un agent conversationnel IA, disponible 24h/24, peut prendre en charge une large part de ces interactions sans sacrifier la qualité de service.
Périmètre fonctionnel du chatbot de pré-admission :
- Collecte des informations administratives avant l'hospitalisation (identité, mutuelle, consentements)
- Envoi automatique des documents pré-opératoires et des instructions de préparation
- Réponses aux questions fréquentes (horaires de visite, règles de séjour, localisation dans l'établissement)
- Orientation vers le bon service ou le bon professionnel selon la demande
- Confirmation et rappel des rendez-vous avec possibilité de modification
Ce que ça libère. Le personnel d'accueil peut se concentrer sur les situations complexes — patients anxieux, cas administratifs spécifiques, urgences — tandis que le chatbot gère le flux standard. Des établissements comme la Clinique du Millénaire à Montpellier rapportent une réduction de 40 % des appels entrants traités par des agents humains après déploiement d'un chatbot de pré-admission.
La logique est identique aux callbots voix IA déployés dans les services clients B2B — avec les adaptations nécessaires au vocabulaire et à la sensibilité médicale. La conformité RGPD et la double conformité RGPD/AI Act sont essentielles : les données collectées par le chatbot concernent des données de santé et tombent sous l'article 9 du RGPD.
#Cas #8 — FAQ administrative automatisée et self-service patient
Complémentaire au chatbot de pré-admission, le self-service patient couvre les interactions post-consultation et inter-séjours. Les patients, après une hospitalisation ou un suivi ambulatoire, génèrent des volumes importants de sollicitations administratives que l'IA peut traiter sans intervention humaine.
Cas d'usage concrets :
- Téléchargement automatisé des documents médicaux (compte rendu d'hospitalisation, ordonnances, résultats de biologie) via une interface sécurisée
- Questions sur les délais de remboursement et le tiers payant
- Demande de certificats médicaux standards
- Suivi du dossier de prise en charge ALD (Affection de Longue Durée)
- Orientation vers le bon service pour une réclamation ou une demande de modification de dossier
Enjeu de sécurité. Tout système de self-service patient qui donne accès à des données de santé doit implémenter une authentification forte (France Connect+ ou équivalent certifié ANSSI) et journaliser tous les accès. L'architecture de sécurité des agents IA doit intégrer les recommandations OWASP LLM spécifiques aux données sensibles.
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#Cas #9 — Codage automatisé des actes médicaux (CCAM, CIM-10)
Le codage des actes médicaux et des diagnostics est une activité critique pour le financement des établissements de santé : en France, la Tarification à l'Activité (T2A) repose sur les GHM (Groupes Homogènes de Malades), eux-mêmes calculés à partir de s codes CCAM (actes) et CIM-10 (diagnostics) saisis dans le PMSI (Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information).
Le problème. Ce codage est réalisé manuellement par des techniciens d'information médicale (TIM), qui analysent les dossiers de sortie et attribuent les codes appropriés. C'est un travail fastidieux, exposé aux erreurs et aux omissions, avec un impact financier direct : un code manquant ou mal attribué peut faire passer un séjour d'un GHM à partir de 800 € à un GHM à partir de 800 €. Les hôpitaux perdent en moyenne 3 à 8 % de leurs recettes T2A faute de codage exhaustif.
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Ce que fait l'IA. Un système de codage automatisé analyse les comptes rendus d'hospitalisation et de consultation en texte libre, extrait les diagnostics et les actes réalisés, et propose les codes CIM-10 et CCAM correspondants. Le TIM valide et complète. L'IA apprend de chaque correction.
Performances observées. Les établissements ayant déployé des outils de codage assisté (solutions de Nuance, Dolmen, IMDsoft en France) reportent :
- Augmentation du taux de codage exhaustif de 15 à 25 %
- Récupération de recettes T2A de 50 000 € par an selon la taille de l'établissement
- Réduction du temps de codage par dossier de 50 à 60 %
Ce cas d'usage est directement lié à l'OCR et à l'extraction d'information IA — même logique de lecture de documents non structurés, appliquée au contexte médical.
#Cas #10 — Détection des erreurs de facturation et contrôle qualité du PMSI
Complémentaire au codage, la détection des erreurs de facturation est un cas d'usage de contrôle qualité : l'IA analyse le PMSI transmis à l'Assurance Maladie et identifie les anomalies avant qu'elles ne deviennent des objets de contrôle externe (visite de l'Assurance Maladie, contrôle T2A).
Types d'anomalies détectées :
- Incohérences entre le diagnostic principal et les actes codés
- Durées de séjour statistiquement anormales pour le GHM déclaré
- Groupage PMSI susceptible d'être contesté en cas de contrôle
- Codes manquants qui sous-valorisent le séjour
- Actes factirés non documentés dans le compte rendu clinique
Impact financier et compliance. Un contrôle T2A par l'Assurance Maladie peut déboucher sur des indus significatifs (remboursements exigés) ou des pénalités. Le contrôle préventif par IA réduit ce risque et sécurise les recettes. Certains établissements utilisent également ce système pour identifier des opportunités d'optimisation de codage légitimes avant la clôture mensuelle du PMSI.
Lien avec le budget des projets IA. Le ROI de ce cas d'usage est particulièrement rapide à calculer et à démontrer : les gains de récupération de recettes T2A couvrent généralement l'investissement projet en 6 à 18 mois selon la taille de l'établissement.
#Cadre réglementaire : CE médical, HDS, AI Act risque élevé
Déployer l'IA en santé suppose de maîtriser trois cadres réglementaires qui se superposent et interagissent.
#Règlement MDR (UE) 2017/745 — Dispositifs Médicaux
Le règlement sur les dispositifs médicaux s'applique aux logiciels qui remplissent une fonction médicale : diagnostic, prévention, surveillance, traitement ou atténuation d'une maladie. Un logiciel de détection de nodules pulmonaires est un dispositif médical classe IIb. Un logiciel de dictée médicale sans interprétation est hors périmètre MDR.
La classification MDR des SaMD repose sur les règles 11 et 22 du MDR et sur le guide MDCG 2019-11. Les classes vont de I (risque faible, auto-évaluation) à III (risque élevé, organisme notifié obligatoire). En France, le Laboratoire National de métrologie et d'Essais (LNE) est l'un des organismes notifiés agréés.
#Certification HDS — Hébergement des Données de Santé
Toute donnée de santé à caractère personnel doit être hébergée chez un prestataire certifié HDS par l'ANS. La certification HDS couvre 6 activités : la mise à disposition d'infrastructure matérielle, la mise à disposition d'infrastructure virtuelle, la mise à disposition de plateforme logicielle, l'infogérance, la sauvegarde externalisée, et l'archivage.
En pratique, pour un projet IA santé, l'hébergement se fait obligatoirement sur un cloud souverain certifié : OVHcloud (certifié HDS), Outscale (Dassault Systèmes), Scaleway ou Orange Business. AWS, Azure et Google Cloud proposent des environnements HDS spécifiques mais l'analyse des transferts de données hors UE reste un point de vigilance CNIL.
#AI Act — Risque élevé pour les dispositifs médicaux IA
L'AI Act classe les systèmes d'IA utilisés comme dispositifs médicaux en IA à haut risque (Annexe III, point 5a). Cela impose : documentation technique complète, système de management de la qualité, enregistrement EUDAMED/base de données EU AI, supervision humaine effective, et surveillance post-déploiement.
La bonne nouvelle : si un système IA santé est déjà certifié MDR, la documentation technique MDR répond en grande partie aux exigences documentaires de l'AI Act. Les deux référentiels sont partiellement alignés, ce qui réduit la charge de double conformité.
Point d'attention CNIL. Les données de santé sont des données sensibles au sens de l'article 9 du RGPD. Tout traitement IA sur des données de santé requiert une base légale spécifique (consentement explicite, intérêt public, nécessité médicale), et une analyse d'impact RGPD/AI Act (DPIA) est quasi systématiquement nécessaire.
#Architecture technique sécurisée : HDS, FHIR et interopérabilité
Une architecture IA santé robuste repose sur quatre couches techniques indissociables.
#Couche 1 — Hébergement HDS certifié
Toutes les données de santé et les modèles IA entraînés sur ces données doivent résider dans un environnement HDS. Le pipeline d'entraînement des modèles, le stockage des embeddings, les logs des inférences : tout doit être dans le périmètre HDS. Aucun composant ne peut être hébergé sur un cloud non certifié, même temporairement.
#Couche 2 — Interopérabilité HL7 FHIR
HL7 FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources) est le standard d'échange de données de santé adopté par l'ANS pour le Espace Numérique de Santé (ENS). Tout système IA qui consomme ou produit des données cliniques doit implémenter des API FHIR conformes au volet interopérabilité du CI-SIS (Cadre d'Interopérabilité des Systèmes d'Information de Santé).
Concrètement, cela signifie que les résultats de l'IA (suggestions diagnostiques, données extraites, plannings générés) doivent pouvoir être stockés en ressources FHIR dans le DPI, et que l'IA peut interroger le DPI via des requêtes FHIR standardisées.
#Couche 3 — Sécurité et traçabilité
La sécurité des agents IA en santé doit répondre aux exigences de la PGSSI-S (Politique Générale de Sécurité des Systèmes d'Information de Santé) publiée par l'ANS. Cela inclut :
- Journalisation immuable de chaque accès aux données de santé (traçabilité des accès)
- Authentification forte des professionnels (Pro Santé Connect)
- Chiffrement AES-256 des données au repos et TLS 1.3 en transit
- Cloisonnement des environnements (dev/test/prod avec données anonymisées en dehors de la production)
#Couche 4 — Gouvernance et supervision humaine
Chaque décision ou recommandation générée par l'IA doit être associée à un professionnel de santé responsable. L'IA ne signe pas, ne prescrit pas, ne décide pas seule. Le système doit implémenter des mécanismes de supervision humaine explicites : validation requise avant action, alertes d'anomalie soumises à un médecin, possibilité de désactiver l'IA sur un dossier spécifique. Cette supervision n'est pas optionnelle : elle est exigée par le MDR pour les SaMD et par l'AI Act pour les IA à haut risque.
#Ce que Nehos déploie pour le secteur santé
Nehos accompagne les établissements de santé — cliniques privées, hôpitaux de taille intermédiaire, groupes de santé privés — depuis la phase de cadrage jusqu'au déploiement en production. Notre approche est structurée en trois phases.
#Phase 1 — Diagnostic et cadrage réglementaire
Avant d'écrire une ligne de code, nous réalisons un audit des usages cibles et des données disponibles, une cartographie réglementaire (MDR, HDS, AI Act, RGPD), et un chiffrage du ROI attendu par cas d'usage. Cette phase de 4 à 6 semaines évite les projets qui butent ensuite sur des obstacles réglementaires non anticipés.
#Phase 2 — Architecture et développement
Nous concevons l'architecture technique sur infrastructure HDS certifiée, développons ou intégrons les modules IA (NLP médical, analyse d'imagerie, optimisation de planning), et implémentons les API FHIR pour l'interopérabilité avec le DPI existant. Nos agents IA sont conçus selon les principes de supervision humaine requis par le MDR et l'AI Act.
Nous nous appuyons sur des architectures RAG pour les cas d'usage documentaires (structuration de dossier, codage des actes) et sur des modèles spécialisés pour les cas d'usage d'analyse d'imagerie ou de NLP clinique.
#Phase 3 — Déploiement, formation et suivi
Le déploiement se fait toujours en mode pilote sur un service ou un volume limité, avec mesure des KPIs définis en phase 1. La formation des équipes soignantes et administratives est intégrée au projet — un outil IA non adopté est un investissement perdu. Nous assurons ensuite la surveillance post-déploiement requise par le MDR et un accompagnement continu sur la gouvernance.
Exemples de déploiements Nehos en santé :
- Dictée médicale IA + structuration FHIR pour une clinique chirurgicale de 120 lits (région Occitanie) : réduction de 65 % du temps de saisie, gain de 38 min/médecin/jour
- Codage PMSI assisté pour un groupe hospitalier privé de 3 établissements : récupération de recettes T2A de +420 K€ la première année
- Chatbot de pré-admission multilingue (français/anglais/espagnol) pour une clinique internationale : 47 % d'appels entrants routiers traités sans intervention humaine
Le budget d'un projet IA santé varie selon le périmètre : de 34 000 € pour un déploiement de dictée médicale sur un service,290 15 872 € et plus pour une plateforme IA multi-usages avec certification MDR. Le ROI est généralement positif en 12 à 24 mois pour les cas d'usage à impact financier direct (codage T2A, planification RH).
Sources
- https://www.has-sante.fr/jcms/p_3389798/fr/intelligence-artificielle-en-sante
- https://esante.gouv.fr/strategie-nationale/intelligence-artificielle
- https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32017R0745
- https://www.cnil.fr/fr/intelligence-artificielle-et-sante
- https://www.ansm.sante.fr/nos-activites/dispositifs-medicaux/logiciels