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FIDA en 2 minutes : ce que votre équipe doit retenir

FIDA — Financial Data Access — est un règlement européen proposé par la Commission en juin 2023, en parallèle de DSP3. Là où DSP3 renforce les règles sur les données et paiements bancaires (comptes courants, virements), FIDA étend la logique Open Banking à l'ensemble des données financières : assurance vie, retraite, épargne (PEA, PER, contrats capitalisation), crédit immobilier et à la consommation, investissements. C'est le passage de l'Open Banking à l'Open Finance au sens strict.

Le calendrier : le texte FIDA est encore en cours de négociation institutionnelle (trilogues UE) en 2025-2026. L'entrée en vigueur est prévue progressivement entre 2027 et 2028 selon les catégories de données et les types d'institutions concernées. FIDA est un règlement — application directe dans tous les États membres, sans transposition nationale requise.

Deux mécanismes clés à retenir. (1) Le FDSS (Financial Data Sharing Scheme) : les institutions financières devront adhérer à des schémas de partage de données standardisés, supervisés et certifiés. Ce n'est pas une API unique imposée — c'est un cadre de gouvernance dans lequel des standards privés certifiés peuvent émerger. (2) Le Permission Dashboard : chaque consommateur aura le droit de visualiser, gérer et révoquer toutes ses permissions d'accès aux données financières depuis un tableau de bord unifié.

Qui est concerné : toute institution financière détenant des données dans les 15 catégories définies par FIDA — banques bien sûr, mais aussi assureurs (Generali, AXA, MAIF), gestionnaires d'épargne (Amundi, Natixis), caisses de retraite, courtiers crédit. Pour les fintechs : opportunité massive de créer des agrégateurs de données financières élargis, des outils de conseil patrimonial automatisé, des comparateurs d'assurance ou d'épargne avec données réelles.

FIDA Open Finance — L'extension de l'Open Banking à toute la vie financière

Le règlement FIDA (Financial Data Access) ouvre l'accès aux données financières au-delà des comptes bancaires : assurance, épargne, retraite, crédit. 300 millions de consommateurs européens concernés, 15 catégories de données, délais d'application 2027-2028. Nehos prépare votre organisation dès maintenant.

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#FIDA vs DSP3 : comprendre la complémentarité des deux textes

Une confusion fréquente dans les équipes conformité : traiter FIDA et DSP3 comme deux textes concurrents ou redondants. En réalité, ils sont complémentaires et couvrent des périmètres distincts.

DSP3 (et son règlement jumeau PSR) cadre les services de paiement et l'accès aux comptes de paiement — ce que DSP2 avait déjà ouvert. FIDA étend cette logique à toutes les autres données financières que détient une institution. L'analogie utile : DSP3 est le rez-de-chaussée de la maison Open Finance, FIDA construit les étages.

DimensionDSP2 / DSP3FIDA
Données couvertesComptes de paiementAssurance, épargne, retraite, crédit, investissement + comptes paiement
Institutions concernéesBanques, PSPBanques + assureurs + gestionnaires épargne + caisses retraite + courtiers
Type de texteDirective (transposition nationale)Règlement (application directe)
Délai d'application2026 (transposition FR)2027-2028 (progressif)
Standard APIBerlin Group NextGenPSD2 (dominant)FDSS (schémas certifiés à définir)
Permission dashboardNon prévu explicitementObligatoire

#Les 15 catégories de données financières couvertes par FIDA

FIDA définit un périmètre de données précis. Voici les 15 catégories telles que définies dans la proposition de règlement :

  1. Données de compte de paiement (déjà couvertes par DSP2/DSP3, intégrées dans FIDA pour cohérence)
  2. Données de crédit immobilier et à la consommation
  3. Données d'épargne (livrets, comptes à terme, plans d'épargne)
  4. Données de plans de retraite privés et semi-publics
  5. Données d'assurance non-vie (auto, habitation, santé complémentaire)
  6. Données d'assurance vie et de capitalisation
  7. Données d'investissement et de portefeuille titres
  8. Données de crédit-bail et de financement locatif
  9. Données de plans d'épargne retraite collectifs d'entreprise (PERCO, PER collectif)
  10. Données de crypto-actifs (sous conditions, selon MiCA)
  11. Données de prêts entre particuliers (crowdlending)
  12. Données de garanties et cautions
  13. Données de financement de factures (affacturage)
  14. Données de produits d'épargne solidaire et ESG
  15. Données de produits bancaires à terme (DAT, bons de caisse)

Seuls les données déjà détenues par des institutions régulées sont dans le scope. Les données produites par des fintechs non régulées sur la base de ces données (scoring, agrégation enrichie) sont hors champ direct — mais leur accès aux données sources est encadré par FIDA.


#Le FDSS (Financial Data Sharing Scheme) : comment ça marche en pratique

Le FDSS est le mécanisme central de FIDA pour organiser le partage des données. Contrairement à DSP2 où les banques exposaient des API sans schéma de gouvernance standardisé (résultat : une fragmentation qualitative importante), FIDA impose un modèle de gouvernance en trois niveaux :

#Niveau 1 : Les schémas certifiés

Des organismes privés (associations sectorielles, consortiums industriels) peuvent proposer des FDSS — des schémas de partage qui définissent les standards API, les conditions d'adhésion, les SLA, les mécanismes de certification. L'Autorité Européenne des Marchés Financiers (ESMA) et l'EBA supervisent la certification de ces schémas. En pratique, attendez-vous à voir émerger des FDSS sectoriels : un FDSS assurance, un FDSS épargne, etc.

#Niveau 2 : Adhésion obligatoire pour les institutions financières

Toute institution financière dans le périmètre FIDA devra adhérer à au moins un FDSS couvrant ses catégories de données. Elle pourra choisir son schéma parmi les schémas certifiés — mais elle ne pourra pas rester en dehors de tout schéma. C'est un filet réglementaire qui garantit la couverture universelle.

#Niveau 3 : Le permission dashboard

Chaque institution financière devra proposer à ses clients un tableau de bord des permissions FIDA — une interface où le client voit qui a accès à quelles données financières le concernant, peut modifier les accords de partage, et peut révoquer des accès. Techniquement, ce dashboard peut être intégré dans une application existante ou exposé via API pour être agréger dans une super-app. C'est une obligation UX et technique non triviale pour les banques traditionnelles.


#Les opportunités business concrètes créées par FIDA

FIDA n'est pas seulement une contrainte de conformité — c'est un changement de marché. Voici les opportunités que nous anticipons avec nos clients.

#Agrégateurs de données financières élargis

Aujourd'hui, les agrégateurs comme Bankin' ou Linxo se concentrent sur les comptes bancaires. FIDA va permettre — et imposer — l'ouverture des données d'assurance, d'épargne et de retraite. La prochaine génération d'agrégateurs pourra proposer une vue patrimoniale complète : comptes courants + assurance vie + PEA + PER + immobilier (via crédit). C'est un marché quasiment inexistant aujourd'hui.

#Conseil patrimonial automatisé (robo-advisory)

Avec des données réelles sur l'épargne, les investissements et l'assurance d'un client, les outils de robo-advisory passent d'un niveau superficiel (basé sur des déclaratifs) à un niveau fondé sur des données effectives. Pour les CGP (Conseillers en Gestion de Patrimoine) et les family offices, FIDA représente une transformation des outils disponibles.

#Comparateurs d'assurance avec données réelles

Aujourd'hui, un comparateur d'assurance demande à l'utilisateur de ressaisir ses contrats manuellement. FIDA permettrait d'accéder directement aux données de contrat depuis l'assureur, avec consentement. La qualité des comparaisons — et leur adoption — serait radicalement améliorée.

#Scoring crédit et underwriting enrichi

Les prêteurs pourraient, avec le consentement du demandeur, accéder à des données d'épargne, d'assurance et de revenus directs pour affiner les décisions de crédit. Moins de scoring sur données déclaratives, plus de scoring sur données vérifiées. Impact attendu : meilleure inclusion financière pour les profils atypiques (indépendants, jeunes actifs sans historique long).


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#FIDA vs Open Finance UK : une comparaison instructive

Le Royaume-Uni a lancé son Open Finance bien avant l'UE via le Smart Data Roadmap (2023) et les travaux de la FCA sur 'Open Finance'. Quelques différences structurelles importantes :

Approche : Le UK a opté pour une approche secteur par secteur — Open Banking d'abord (mature depuis 2019), puis extension progressive aux pensions, assurances. L'UE avec FIDA vise une approche horizontale et simultanée sur toutes les catégories.

Gouvernance : L'Open Banking Implementation Entity (OBIE) du UK a produit des standards API très précis et contraignants. Le modèle FDSS de FIDA est plus flexible — les schémas privés certifiés peuvent varier — ce qui est à la fois une force (adaptation sectorielle) et un risque (fragmentation).

Délais : Le UK Open Banking AISP/PISP est opérationnel depuis 2019. FIDA UE n'entrera en vigueur qu'en 2027-2028. Pour les fintechs qui opèrent des deux côtés de la Manche, le UK offre déjà ce que FIDA promet — avec 7 à 9 ans d'avance.

Leçon pour votre projet FIDA : regarder ce que les fintechs UK ont construit sur Open Finance (Moneyhub, Bud, Mojo Mortgages) donne une vision concrète et dès-maintenant-testable de ce que FIDA permettra en UE. Nous le faisons systématiquement dans nos cadrages clients.


#Notre offre d'accompagnement FIDA

#Audit scope données FIDA — 3 à 5 jours (à partir de 873 €)

Cartographie de toutes les catégories de données financières que détient votre organisation, croisée avec le périmètre FIDA. Identification des entités réglementées dans votre groupe. Output : matrice d'exposition FIDA priorisée.

#Stratégie FDSS et sélection de schéma — 5 à 8 jours (2 15 872 €)

À mesure que les FDSS seront certifiés (2025-2027), analyse des schémas disponibles pour votre secteur, recommandation d'adhésion, négociation des conditions d'entrée. Ce travail commence avant la certification formelle des schémas — les groupes de travail existent déjà.

#Développement APIs FIDA — 8 à 20 semaines (à partir de 1 177 €)

Développement ou adaptation de vos APIs d'exposition de données pour conformité FIDA : endpoints de données structurées, gestion des tokens d'accès, mécanisme de consentement, permission dashboard. Stack technique : Next.js front, Symfony 7 ou Node.js back, OAuth 2.0 / OpenID Connect pour la gestion des permissions.

#Intégrations wealth & insurance data — variable (3 11 904 €)

Si vous êtes une fintech souhaitant consommer des données FIDA (agrégateur patrimonial, robo-advisory, comparateur), accompagnement dans la construction de l'intégration côté consommateur : contrats FDSS, parsing des données multi-format, normalisation et enrichissement.

Notre position claire : démarrer un projet FIDA dès maintenant est pertinent pour toute organisation avec plus de 50 000 clients dans les catégories de données concernées. Pas pour produire un rapport de conformité qui dormira dans un tiroir — mais pour prendre 12 à 18 mois d'avance sur les concurrents qui attendront les textes définitifs.


#Les risques à anticiper dans votre projet FIDA

Risque 1 : La fragmentation des FDSS. Si 5 ou 6 FDSS sectoriels émergent en France (un pour l'assurance, un pour l'épargne, un pour le crédit), les institutions multi-lignes de métier devront adhérer et s'interfacer avec plusieurs schémas distincts. Le coût d'adhésion et d'implémentation multiple peut être significatif. Anticiper une architecture d'API modulaire.

Risque 2 : La qualité des données exposées. Comme pour DSP2 et les API bancaires, le risque est que FIDA soit formellement respecté mais que la qualité réelle des données exposées soit mauvaise — données incomplètes, mal structurées, avec des délais de rafraîchissement élevés. FIDA prévoit des mécanismes de recours, mais la bataille de la qualité des données sera le vrai terrain d'enjeux.

Risque 3 : L'interopérabilité RGPD + FIDA. Le règlement FIDA impose le partage de données financières sur la base du consentement. Le RGPD encadre strictement le consentement et le droit à l'oubli. L'articulation entre les deux — notamment si un consommateur révoque son consentement FIDA mais a déjà fourni des données à une fintech qui les a utilisées — est un point de tension juridique non encore résolu dans les textes. Votre DPO doit être dans la boucle dès la phase de conception.

Questions & Réponses

Questions techniques sur FIDA et l'Open Finance en Europe

FIDA est un règlement européen — contrairement à DSP3 qui est une directive. Un règlement s'applique directement dans tous les États membres sans transposition nationale. Concrètement pour les entreprises françaises : pas besoin d'attendre un décret français — FIDA s'appliquera à la date d'entrée en vigueur UE, simultanément en France, en Allemagne, au Luxembourg et partout dans l'UE. C'est à la fois une simplification (un seul texte, pas 27 textes nationaux différents) et une urgence accrue (pas de marge de manœuvre sur les délais liée à une transposition lente d'un État membre).
Oui, et c'est la différence fondamentale avec DSP2/DSP3. Sont dans le périmètre FIDA : banques et établissements de crédit, établissements de paiement (EP), établissements de monnaie électronique (EME), entreprises d'assurance (assurance vie, assurance non-vie), sociétés de gestion d'actifs, gestionnaires de fonds de retraite, prestataires de crédit immobilier, prestataires de crédit à la consommation, plateformes de crowdlending. Sont hors périmètre direct : fintechs non régulées qui agrègent ou enrichissent des données à partir de sources FIDA (elles sont consommatrices, pas productrices des données). La liste définitive sera précisée dans les actes délégués de la Commission.
Un FDSS est un schéma de partage de données financières — essentiellement un contrat collectif d'interopérabilité. Il définit : le standard API à utiliser, les conditions d'adhésion (institutionnelles, contractuelles, techniques), les SLA minimaux, les mécanismes de résolution des litiges, les audits de conformité. Les FDSS sont proposés par des organismes privés (associations sectorielles, consortiums) et certifiés par les autorités européennes (ESMA, EBA). L'adhésion d'une institution financière à un FDSS est obligatoire pour les catégories de données qu'elle détient. Elle peut choisir son FDSS si plusieurs schémas couvrent le même domaine — mais elle ne peut pas rester hors de tout schéma. Les premiers FDSS devraient être certifiés en 2026-2027.
Le calendrier FIDA tel qu'anticipé à date (sous réserve de la finalisation des trilogues) : entrée en vigueur du règlement 20 jours après publication au JOUE (estimé 2025-2026), période de mise en place des FDSS de 18 à 24 mois après l'entrée en vigueur, délai d'adhésion obligatoire des institutions une fois le FDSS certifié. En pratique, les premières obligations effectives pour les institutions devraient s'appliquer entre 2027 et 2028. Certaines catégories de données (comptes de paiement, déjà couverts par DSP3) peuvent avoir des délais raccourcis. Les actes délégués de la Commission préciseront le calendrier par catégorie — surveillez les publications EBA et ESMA.
Le permission dashboard (ou 'data permissions dashboard') est une interface que chaque institution financière doit proposer à ses clients pour gérer leurs accès FIDA. Fonctionnellement : liste de toutes les autorisations d'accès aux données actives, identité du tiers autorisé (fintech, agrégateur), catégorie de données partagées, date de l'autorisation, date d'expiration, bouton de révocation. Techniquement : peut être intégré dans l'app mobile ou espace client web existant de l'institution, ou exposé via API pour être agrégé dans une super-app ou un agrégateur tiers. FIDA n'impose pas un standard UX — mais les conditions d'accessibilité et de lisibilité sont requises. Pour une banque ou un assureur avec un système legacy, c'est souvent le chantier technique le plus complexe : accès aux données de consentement en temps réel, gestion des révocations immédiates, auditabilité.
Les deux approches partagent l'objectif (ouverture des données financières au-delà des comptes bancaires) mais diffèrent sur la gouvernance et le calendrier. UK : approche progressive, secteur par secteur, pilotée par la FCA avec des standards très prescriptifs (OBIE puis JROC). EU FIDA : approche horizontale sur toutes les catégories simultanément, gouvernance via schémas privés certifiés plus flexible. Sur la faisabilité de s'inspirer des solutions UK : oui, fortement. Les APIs Open Finance UK (Moneyhub Data API, Bud, Moneybox) sont matures depuis 2021-2022. Analyser ces architectures pour concevoir vos APIs FIDA-ready est ce que nous faisons dans nos cadrages clients. Attention toutefois aux différences de standards API : UK utilise OBIE-standard, EU utilisera FDSS-certifiés (Berlin Group étendu probable). La logique est transposable, les interfaces ne sont pas directement portables.
Pour un assureur de taille intermédiaire (1M+ clients, 3 à 5 catégories de données FIDA concernées), le budget estimé se décompose ainsi : (1) Audit scope et cartographie données (3-5 j) : à partir de 32 000 €. (2) Analyse juridique FDSS et choix de schéma (4-6 j, avec partenaire juridique) : 15 872 €. (3) Développement ou adaptation APIs exposition données : 13 952 € selon la maturité du système d'information existant. (4) Permission dashboard technique : à partir de 928 € si développement from scratch. (5) Formation équipes conformité et DSI : à partir de 873 €. Total réaliste :17 7 808 € pour une mise en conformité complète d'un assureur de taille intermédiaire. Pour un gestionnaire d'actifs avec des systèmes modernes déjà API-first : budget plus bas (à partir de 1 426 €).
C'est la vraie question stratégique. Oui : FIDA va faciliter l'émergence de fintechs capables d'agréger toutes les données patrimoniales d'un client (banque + assurance + épargne + retraite) et de proposer des services de conseil ou de switching bien supérieurs aux offres actuelles des institutions traditionnelles. C'est le même choc concurrentiel qu'Open Banking a créé pour les banques — mais sur un périmètre bien plus large et avec des marges plus importantes (gestion de patrimoine, assurance vie). Notre opinion assumée : les institutions qui voient FIDA uniquement comme une contrainte de conformité vont en subir les conséquences commerciales. Celles qui le traitent comme un levier pour créer de nouveaux services data-driven (conseil patrimonial enrichi, offres bundlées multiservices) ont une vraie fenêtre d'avance de 18 mois sur leurs concurrents réactifs.
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